Repères nutritionnels
Iode et grossesse
Deux choses que peu de pages disent : ce que les tables ne mesurent pas, et ce qu’un carnet de repas ne voit jamais.
Sources publiées, citées ligne à ligneVérifié le
Aucun professionnel de santé n’ayant relu cette page, elle ne remplace pas votre suivi médical. Pitchoun est développé par une personne seule, qui n’est ni médecin, ni sage-femme, ni diététicienne — c’est écrit ici.
La réponse courte
Le repère que Pitchoun retient pour l’iode pendant la grossesse est de 200 µg par jour. C’est l’un des repères que la grossesse déplace vers le haut : la référence publiée en retient moins pour la femme adulte.
On en trouve surtout du côté des produits de la mer, des produits laitiers et des œufs. Deux réserves valent pour toute la page : la table de composition ne dose pas l’iode partout, si bien qu’un total affiché est un minimum — et le sel de la casserole, que personne ne note, n’y entre jamais.
Et il existe une famille d’aliments que l’app signale pour la raison exactement inverse : les algues. Le texte exact qu’elle affiche est cité plus bas.
Sur cette page6 parties
D’où vient ce chiffre
Voici la référence, mot pour mot, telle que l’app la porte :
EFSA 2014, apport satisfaisant grossesse retenu par l’ANSES : 200 µg/j (150 µg chez la femme adulte)
Deux choses s’y lisent. C’est un apport satisfaisant, et non une référence calculée sur un besoin individuel mesuré : la valeur décrit un apport jugé suffisant à l’échelle d’une population, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Et l’écart entre les deux valeurs citées est ce que la grossesse ajoute — là où le calcium, par exemple, garde celui de la femme adulte.
Les treize repères de l’app sont documentés de la même façon, chacun avec sa source : la liste complète est sur nos sources.
Où l’on trouve de l’iode
Cette page n’écrit aucune teneur, et ce n’est pas une pudeur : une teneur dépend de la variété, de la provenance et de la préparation, et un chiffre recopié ici vieillirait sans que rien ne le signale. Ce qui se dit, ce sont les familles — et cette liste n’est pas exhaustive.
- Les poissons et les produits de la mer — coquillages et crustacés compris.
- Les produits laitiers.
- Les œufs.
- Le sel iodé, lorsqu’il remplace le sel de table, avec la réserve de la section suivante.
Le rayon poissonnerie pose deux autres questions, le mercure et la cuisson, qui ne se règlent pas de la même façon : quel poisson manger enceinte les reprend séparément.
Ce que la table ne mesure pas de l’iode
C’est le point qui manque à presque toutes les pages sur le sujet, et il vaut pour n’importe quel carnet alimentaire, pas seulement pour celui-ci.
La table de composition ne dose pas l’iode partout : elle le publie sur 60,5 % de ses lignes. Ailleurs, la mesure est simplement absente — et une mesure absente est lue comme un zéro, faute de mieux. L’app ne comble jamais ce trou par une estimation : elle préfère afficher moins que d’inventer un apport.
Conséquence directe, et elle change la lecture d’un écran : un total d’iode affiché est un minimum, jamais un maximum. Avec le DHA, c’est l’un des deux repères les moins bien couverts des six que l’app suit pour le bébé — le DHA l’étant encore un peu moins. Un écran qui montre un repère loin d’être rempli montre donc autant l’état de la table que celui de la journée.
Ce qu’un carnet de repas ne voit jamais
Il y a un second trou, et celui-là échappe même au compte précédent : ce qui n’est jamais noté. L’app le dit à l’endroit même où elle affiche le repère :
Le sel iodé de la cuisine n’entre pas dans ce chiffre : personne ne note la pincée d’une casserole. Et c’est le seul qui puisse l’être — celui du pain ou d’un plat préparé n’en apporte rien, l’industrie n’ayant pas le droit d’en utiliser. C’est une limite de mon compteur, pas une invitation à saler.
Deux précisions. Elle ne corrige aucun total avec cette réserve : elle la signale, et le chiffre reste celui de ce que vous avez noté — même parti pris que pour les compléments, qui n’entrent dans aucun calcul. Et ce n’est pas une invitation à en ajouter : côté maman, le sel a son propre plafond dans l’app, au plus 5 g par jour, qui se surveille au lieu de se remplir.
Algues et grossesse : pourquoi elles sont déconseillées
L’iode est le seul des repères suivis pour le bébé dont un apport trop important a sa propre famille d’aliments signalés. Voici le texte que l’app affiche :
Les algues sont de loin les aliments les plus riches en iode : une petite quantité suffit à dépasser largement le repère d’une journée. L’ANSES les déconseille pendant la grossesse, sauf avis médical — un excès d’iode peut dérégler la thyroïde.
Ce qui rend cette famille particulière, c’est qu’elle arrive rarement là où on la cherche : la feuille d’un maki, un tartare d’algues, un condiment, une salade préparée. C’est l’une des sept familles sur lesquelles l’app lève une alerte quand elle en reconnaît un aliment ; les deux dernières — le café et le soja — figurent sur le même écran sans que rien ne s’y déclenche jamais. Les neuf sont rassemblées sur les aliments à éviter pendant la grossesse.
Ce que l’app fait, et ce qu’elle ne fait pas
Pitchoun estime des apports à partir de ce que vous notez, et les compare à des repères publiés. C’est tout, et il vaut mieux le dire nettement sur un sujet comme celui-ci.
Elle ne mesure rien de votre organisme, ne dépiste rien, n’établit aucun bilan et ne remplace aucun examen. Surtout, elle ne sait pas dire « trop » : aucun des six repères suivis pour le bébé n’a de limite haute. Elle montre ce qui manque, pas ce qui serait en excès. Sur l’iode, la seule chose qu’elle fasse d’un apport trop important est de signaler la famille d’aliments concernée — elle ne calcule aucun seuil, n’en affiche aucun, et un écran ne dira jamais que votre journée en contenait trop.
Tout ce qui touche la thyroïde relève de votre sage-femme ou de votre médecin, avant comme pendant la grossesse : c’est un suivi, pas une lecture d’écran. Et l’app ne recommande jamais de complément — si la question se pose, elle se pose avec la personne qui vous suit, et qui peut prescrire.
Une source mal citée, un chiffre qui ne correspond pas au document d’origine : écrivez-nous, nous corrigeons — et nous le disons sur cette page.

